Le 21 juin, les membres de l’association ont été reçus à Sathonay Camp par le général de corps d’armée Christophe MARIETTI, commandant la région de Gendarmerie Auvergne Rhône-Alpes, et la Gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Sud-Est. Ils ont pu assister à une présentation détaillée des matériels, depuis les armements individuels jusqu’au nouveau véhicule blindé Centaure de la Gendarmerie, mobile en passant par les drones.
Animée par le colonel Xavier VIALENC, Conseiller aux affaires territoriales, en charge de la réserve citoyenne de l’état-major de la RGARA, cette rencontre a été riche en échanges, du fait des réponses apportées aux nombreuses interrogations posées par la trentaine de participants invités.

Qu’est-ce qu’un gendarme ? Un militaire – statut nécessaire – avec des pouvoirs de police, répond le général MARIETTI, mais dans un contexte nouveau : celui d’une menace polyforme, aussi discrète qu’omniprésente, qui rend perméables défense et sécurité. Née de la prévôté, puis maréchaussée – une police militaire – la Gendarmerie a ensuite assuré un maillage territorial, le fait aujourd’hui de 3.000 brigades. Le gendarme est un militaire assermenté : air, mer, nucléaire… il est partout. Et en dehors des grandes villes – celles de plus de 20.000 habitants relèvent de la Police nationale -, avec un ratio d’un gendarme pour 1.000 habitants, sachant qu’un sur deux réside à présent en zone péri-urbaine. 52 millions de nos compatriotes relèvent ainsi d’une Gendarmerie couvrant 95 à 97% du territoire national. 39 des 59 communes de la Métropole de Lyon sont en zone Gendarmerie, comme les deux tiers de la population d’Auvergne Rhône-Alpes (ainsi que les deux tiers de la délinquance…). Peu visible – les médias se concentrent sur la zone Police – la Gendarmerie nationale affiche un effectif d’active de 102.217 (97.000 militaires, 5.000 civils) renforcé de 38.000 réservistes ; plus de 20.000 gendarmes sont officiers de police judiciaire. La région Auvergne Rhône-Alpes compte 11.700 personnels, dont 8% en Gendarmerie mobile, et un taux de féminisation de 20%.

L’organisation de la Gendarmerie, calquée sur celle de l’administration, est simple : région, département, canton. Un principe : la subsidiarité au quotidien, en fonction des besoins, ceci jusqu’aux moyens nationaux comme le GIGN (deux antennes proches : Dijon et Orange, 40 militaires chacune). L’état-major régional est également centre de formation et de soutien, en charge des ressources humaines et des finances, sa troisième fonction est la gestion de crise sur 12 départements, dont l’Isère (7 compagnies, 1.632 militaires) est le plus important. 4 sections de recherches, 2 groupements de Gendarmerie mobile (8 escadrons, dont 3 à Sathonay Camp), par département : une unité de sécurité routière, une unité dédiée aux affaires familiales et d’autres spécialisées (pelotons de haute montagne, de protection des installations nucléaires civiles, de brigade fluviale) : la région de Gendarmerie dispose de 4 hélicoptères, drones et moyens nautiques. La police judiciaire, avec des enquêteurs désormais sous pseudonymes, a des capacités cyber : messageries, cryptomonnaies… toute affaire a désormais une dimension cyber. Et le renseignement demeure essentiel : la Gendarmerie alimente aussi bien le Renseignement territorial que la DGSI.
L’enjeu ? Une criminalité organisée poly active en très nette augmentation – armes, stupéfiants, médicaments, faux papiers… – avec toujours une dimension internationale et celle du cyber (alors qu’on ne peut toujours pas enquêter sur WhatsApp…), des donneurs d’ordre en prison. L’efficacité du renseignement criminel est vitale. Même si les faits sont rapidement résolus – les acteurs sont connus – cette délinquance dispose de moyens colossaux et le combat s’avère asymétrique. On ne peut lutter sans avoir la main sur les réseaux sociaux ; au-delà de spectaculaires succès – une saisie récente de 10 tonnes de résine de cannabis passées par perte et profits par les trafiquants… Au niveau national, il faudrait 50.000 réservistes mieux équipés et rémunérés, et le double de blindés (90).
Si la Cour des comptes pointe un taux de démission significatif, tous les postes sont de fait occupés et l’arme ne connaît pas de problèmes de recrutement. Gilets jaunes, COVID, Nouvelle-Calédonie : l’Union Européenne a pris conscience de la valeur du modèle gendarmerie, dont seul le statut militaire permet de résoudre les crises.

L’Association régionale de l’IHEDN est consciente de la disponibilité des effectifs mise à disposition pour la mise en œuvre de cette présentation. Son président, David YENDT remercie le général de corps d’armée MARIETTI.
Texte : Alain LABAT
Photos : Jean-Paul BERNARD
