Amphi Citroën – Campus HEIP Lyon – Lundi 30 janvier 2023
Accueillis par les étudiants de Déf’Inseec sur leur campus, c’est devant plus de 200 participants*, en présence du Général de corps d’armée Gilles Darricau, officier général de la zone de défense et de sécurité sud-est, gouverneur militaire de Lyon, et du Général de division Bernard Clouzot, commandant en second de la Région de Gendarmerie Auvergne-Rhône Alpes et leurs adjoints, que le député Thomas Gassilloud, président de la commission de la Défense et des forces armées à l’Assemblée nationale, auditeur Ihedn, a présenté les grandes lignes du projet de loi de programmation militaire 2024-2030.
Il nous a d’abord présenté le calendrier : projet présenté mi-mars en Conseil des ministres après être passé par l’avis du Conseil d’Etat, pour une publication potentielle mi-juillet, à l’occasion du discours du Président de la République aux Armées du 13 juillet pour une application en 2024.
Le projet prévoit plus de 400 milliards d’euros de crédit sur les sept ans, à reprendre année par année dans les lois de finances. Le contexte international ayant bousculé les prévisions, la loi de programmation actuelle, prévue jusqu’en 2025 et exécutée à l’euro près sera remplacée par les nouvelles dispositions dès 2024.

Le projet comprend quatre axes :
- Le renfort de notre souveraineté, notamment maritime sur, sous et au-dessus des mers,
- La préparation à la haute intensité d’une guerre conventionnelle,
- La défense des espaces communs, maritimes, spatiaux et cyber,
- Le renouvellement des partenariats internationaux.
Indéniablement, cette LPM a pour ambition de « Transformer », elle poursuit la précédente qui avait la volonté de « Réparer ». Pour se préparer à des guerres de plus en plus violentes à l’aune de la haute intensité, il est nécessaire de consolider nos capacités afin de pleinement les maîtriser. Cela passe nécessairement par le renforcement de nos postures opérationnelles, la disponibilité des matériels et l’aptitude à s’engager dans le combat collaboratif.
Dans cette optique, le projet conserve une capacité de projection de 20 000 militaires mais prévoit le doublement de la réserve opérationnelle qui passerait de 40 000 à 80 000 réservistes, hors Gendarmerie.
Il est aussi demandé d’optimiser la BITD en demandant aux industriels de raccourcir notamment les délais de production et de livraison des matériels majeurs (actuellement de l’ordre de 18 mois pour les missiles et canons CAESAR, par exemple) en privilégiant la constitution de stock par rapport au flux tendu.
Enfin, il est nécessaire de se réapproprier les capacités de défense de la population. Chaque citoyen a un rôle à jouer dans la Défense nationale, et c’est là où les membres de la communauté Ihedn ont leur rôle à jouer, d’abord par les Trinômes académiques auprès des enseignants et des élèves, puis individuellement au niveau de chacun avec nos éléments de langage et grilles de lecture auprès de nos propres cercles (familial, professionnel, associatif, sportif, culturel, etc.).
Sur la question des alliances et de l’OTAN, la France doit pouvoir diriger une grande coalition internationale.
Enfin, le conférencier a terminé sur la célèbre citation de Thucydide résumée dans une phrase : « La Défense nationale est l’affaire de tous ! »
S’en est suivi une série de questions de l’assemblée.

*auditeurs et membres associés, correspondants défense des communes, réservistes citoyens des armées et de la Gendarmerie, membres d’associations sœurs (ASAF, AORL, ANMONM, etc.), enseignants et chefs d’établissements, Les Jeunes IHEDN, étudiants de HEIP et de l’ILERI.
Crédits photos: Jean-Paul Bernard
