Quinze jours après le salon SOFINS dédié aux forces spéciales et une semaine avant sa date de lancement officielle, un groupe de Jeunes IHEDN du Rhône et du Puy-de-Dôme, ont découvert le 14 avril le drone Tundra 2, dernier-né de l’entreprise française Hexadrone, installée sur les hauteurs de Saint-Ferréol d’Aurore, dans la Haute-Loire.
Hexadrone, née en 2014, s’est fait une réputation en concevant et en fabriquant des drones multirotors pour des applications les plus diverses, « des moutons à cinq pattes » comme nous le raconte Alexandre LABESSE, son dirigeant, âgé de 35 ans. Cette activité qui demandait des compétences très nombreuses, une remise en question à chaque nouveau client, l’approvisionnement et la gestion de centaines de pièces détachées, ne permettrait pas d’assurer la pérennité de cette start-up. Mais Alexandre et son équipe se sont rendus compte que du cahier des charges de ses clients pouvait émerger une synthèse, un drone unique, performant, robuste, auquel le client pourrait ajouter des fonctions spécifiques, une plateforme porte-outils en quelque sorte. Hexadrone devenait ainsi le spécialiste du drone modulaire et chacun de ses clients restait maître en son métier.

Les compétences du bureau d’études en design, mécanique, électronique et développement logiciel ont pu alors se concentrer sur le « drone porte-outils » plutôt que sur les applications elles-mêmes et ont conduit à la conception des drones Tundra 1, puis Tundra 2 qui est promis à un bel avenir. L’Armée française, par exemple, au lieu de disposer de drones de marques, de conception, de pilotage différents bénéficiera d’un seul porteur équipé de « charges utiles » variées, au gré des missions : sauvetage en mer, prises de vues en altitude, vision nocturne, guidage laser, dépose d’une charge jusqu’à 4 kg-par exemple un petit robot à chenille- et une cinquantaine d’autres missions. Chaque drone est transportable par un homme, en sac à dos ou valise d’un poids d’environ 11 kg avec ses batteries, et il est opérationnel en 3 minutes. Son envergure est de 1,83 m, hélices déployées. Le Tundra 2 coûte entre 17 et 20.000 € HT, selon sa version.
Cette nouvelle orientation marketing et technique qui a séduit en 2018 le jury du salon de l’innovation de Las Vegas ainsi que l’Agence d’Innovation de la Défense oblige aujourd’hui Hexadrone à devenir un véritable industriel, de fabriquer non plus un drone toutes les deux semaines, mais un drone par jour, soit une productivité multipliée par 15 !

Hexadrone saura bientôt fabriquer et vendre 1000 drones par an auquel s’ajouteront la formation des télépilotes, la maintenance de niveau 3, quelques développements spécifiques concernant la sécurité des liaisons de pilotage mais aussi la transmission cryptée des données recueillies, le vol dans des conditions climatiques sévères… bref une version Tundra 2 labélisée UAF, « utilisé par les Armées Françaises » ; celles-ci représentent la moitié de son chiffre d’affaires annuel. Pour offrir au marché un drone fiable et robuste, l’entreprise dispose de bancs d’essais : un banc robotisé pour soumettre le drone et surtout ses composants à toutes sortes de tests de résistance mécanique, une enceinte pour tester le drone entre – 70 et + 120 °C, d’autres qui simulent la pluie ou la poussière ; Tundra 2 possède l’indice de protection IP54 : résistant à la poussière, aux projections d’eau, utilisable en atmosphère humide et bien entendu à l’extérieur.
Le Tundra 2 est composé de 220 pièces différentes, commandées à un réseau de spécialistes français ; aucune de ces pièces ne dépend de la Chine – 80% du marché du drone – ou n’est obligée de s’inscrire dans la règlementation américaine ITAR. Tundra 2 est un exemple de la souveraineté industrielle de notre pays, concept que nous redécouvrons depuis le COVID et la guerre en Ukraine. Hexadrone possède une autre activité, plus classique : la vente en ligne de pièces détachées de plusieurs marques de fabricants de drones, vendues aux intégrateurs et clients finaux ; par exemple, des caméras, antennes, moteurs, parachutes, patins, hélices, consoles de pilotage, au total 3500 références. « Nous sommes la boutique du drone, le LDLC1 du drone » explique Alexandre LABESSE. Être ainsi largement référencé dans cet univers contribue à sa visibilité… et à son chiffre d’affaires.

Hexadrone a réalisé en 2020 près d’un million d’euros de chiffre d’affaires avec 10 salariés, et 2,1 millions d’euros en 2021 avec une vingtaine de salariés. Elle va encore grandir et prévoit d’embaucher des monteurs en mécatroniques, des ingénieurs et des commerciaux2 afin de conquérir le marché français et bientôt l’Europe, à la faveur des nouvelles normes en préparation.
1 LDLC, est l’un des sites pionniers du e-commerce en France et spécialiste de la vente à distance de matériel informatique, est aujourd’hui un acteur majeur dans le domaine du high-tech sur le web. Cette entreprise est très connue à Lyon.
2 ZA La Sagne. 99, chemin de la Borie 43330 Saint Ferréol d’Auroure. Tél. +33 (0)9 72 19 40 50. www.hexadrone. Contact@hexadrone.fr ; Informations juridiques : https://www.pappers.fr/entreprise/hexadrone-802991414
Rédaction: Patrick Rolland, Maxime Cocheux et Paulin Devanlay
Mise en ligne: Marina de Castro
