Restitution des travaux 2025 de l’AR14 – Défense : l’Union européenne à la croisée des chemins

Quand l’alimentation devient un levier de puissance stratégique européenne

Le 27 mai, en présence des auditeurs de l’IHEDN Région Lyonnaise, le groupe d’études a présenté ses conclusions avant un moment d’échanges avec l’auditoire.

Et si le blé, le soja ou les engrais devenaient aussi stratégiques que le gaz ou l’uranium ? L’Union européenne, confrontée à une instabilité géopolitique croissante, redécouvre le rôle fondamental de l’alimentation dans ses stratégies de défense.

À la croisée des chemins, elle doit affronter deux défis majeurs : sécuriser ses chaînes d’approvisionnement alimentaire, souvent dépendantes de puissances concurrentes (Russie, Chine, États-Unis…), et projeter sa puissance agricole comme outil d’influence dans les régions critiques (Sahel, Moyen-Orient, Balkans…).

Le rapport du groupe AR14 de l’IHEDN met en lumière une réalité souvent ignorée : l’arme alimentaire existe déjà. Elle peut être défensive – maîtriser les dépendances, sécuriser les flux, préserver la résilience interne – ou offensive – créer des dépendances par l’export, bloquer les flux adverses, affaiblir une production locale.

Face aux tensions mondiales, à la militarisation des ressources et à la fragilisation de pays fournisseurs d’énergie ou de matières premières, l’UE ne peut plus faire l’économie d’une stratégie alimentaire globale. Sécuriser les ports, renforcer les productions locales, créer des stocks, déployer une diplomatie du blé : autant d’outils pour préserver notre souveraineté.

La souveraineté alimentaire, c’est bien plus que l’agriculture : c’est un pilier de notre sécurité collective.